Thursday, December 22, 2005

Internet et autres interdits

Dura lex sed lex pour les échanges sur le net si le projet actuellement au Parlement français est voté! Dura lex sed lex pour les adeptes du peer-to-peer et les artistes qui ont adhéré au copyleft!
Dura lex sed lex pour les députés qui ont continué jusque tard les débats, suivis assiduement par Le Monde qui retrace: L'assemblée nationale se saisit de l'épineux dossier des droits d'auteur sur l'Internet 20h01(heure de paris), Les débats se poursuivent à l'Assemblée Nationale 20h10, Droit d'auteur: deux amendements étendent le droit de copie privée à Internet 8h33.

Et là, de me rappeler un cours sur internet, et les propos de John Barlow, co-fondateur de l'Electronic Frontier Foundation, propos ou plutôt "déclaration d'indépendance d'internet, en 1996 au cours du séminaire de Davos, devant les élites économiques:
Les gouvernements n'ont ni légitimité, ni compétence pour intervenir dans ce domaine. "Ils tirent leur pouvoir du consentement des gouvernés. Or, vous ne nous l'avez pas demandé et nous ne vous l'avons pas donné. Vous n'avez pas été invités. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n'est pas limité par vos frontières (...) Vos principes juridiques de propriété, d'expression, de mouvement et de contexte ne s'appliqueunt pas à nous. Ils se fondent sur la matière, ici, il n'y a pas de matière."

Ca a lair un peu "guerre des mondes" ce vous et nous, mais pour un texte de 1996...il est terriblement actuel: la législation d'internet doit être différente de celle qui régit les Etats, précisément parce que la nature même de ce qu'on légifère est différente: c'est immatériel et sans frontière (que la censure). On ne peut donc pas selon moi penser le droit de la même manière. Une analyse intéressante sur ce sujet: FLICHY, Patrice, L'imaginaire d'internet, éd La Découverte.
Je me méfie donc des lois qui vont être votées, quand on pense que même des artistes avaient trouvé du positif dans le P2P en tant qu'autre réseau de diffusion de leur oeuvre mais que les maisons de disque avaient crié au scandale, quand on pense que cette fois-ci l'industrie du cinéma a chercher à édulcorer le texte pour ne pas être "détestée" du public...
Bien sûr il faut des lois dès que l'on est en société, et internet , quoique cybersociété, est une société, avec ces règles et ses codes... mais je ne peux pas m'empêcher d'être méfiante à l'égard d'un tel projet de loi, même si je ne suis pas pirate...

D'ailleurs Libé est sympa, si certains ne sont pas familiers avec les termes de P2P, pirate, etc :
définitions !

Saturday, December 17, 2005

Turkey ou la dinde de Noël

Liberté d'expression? La Turquie connaît pas. Et alors si en plus c'est pour dire un truc turc vrai: passez directement par la case "condamnable", prenez 15 000 insultes et passez votre tour. Ohran Pamuk, célèbre écrivain turc est accusé "d'insulte à la nation turque", il risque entre six mois à trois ans d'emprisonnement. Il avait en effet déclaré: «1 million d'Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués sur ces terres mais personne d'autre que moi n'ose le dire.», lors d'une interview publiée dans un journal suisse.

Pour plus de précision sur la situation des intellectuels en Turquie, l'article de Libé est plutôt bien et se résume en cette phrase d'une responsable régionale de Human Right Watch: «Depuis le célèbre poète Nazim Hikmet, dans les années 30, jusqu'à Orhan Pamuk, aujourd'hui, les autorités turques ont poursuivi et emprisonné les plus grands écrivains du pays». Sinon, il y a aussi le rapport de reporters sans frontière, à palir.

Dans une interview à Radio-France, Daniel Cohn-Bendit venu avec huit autres parlementaires européens assister au procès a déclaré que "une condamnation aboutirait à une situation difficile pouvant mener jusqu'à l'interruption des négociations d'adhésion" entre Ankara et l'Union européenne. (négociations qui ont commencé, rappelons-le, le 4 octobre dernier). Daniel Cohn-Bendit ajoute un peu plus loin: "Je suis optimiste mais s'il faut faire tout ce barouf à chaque fois, cela ne va pas: il faut que la liberté d'expression soit garantie en Turquie sans que nous ayons besoin d'intervenir".

Qu'est-ce que c'est que ça la Turquie? Il ne faudrait quand même pas qu'elle se croit intégrée parce que les négociations en vue de l'adhésion ont commencé, non! non! non! Je ne suis déjà pas très convaincue des bienfaits de son entrée dans l'UE, mais alors là, ça devient n'importe quoi! M. Pamuk s'est fait hué par les nationalistes, obligé d'être protégé par les forces de police parce qu'il a reconnu publiquement le passé de son pays, un passé noir qui au lieu d'être réparé est étouffé sous la pression de ces nationalistes racistes! Qu'on ne me dise pas que l'UE veut de ça! Il est un commentaire que j'ai beaucoup aimé dans The International Herald Tribune. Il est de Denis McShane, un membre du Parlement britannique présent comme observateur pendant le procès qui a dit qu'il avait été frappé au visage par un juriste nationaliste pendant la mêlée et d'ajouter "je n'arrive pas à croire que ces juristes représentent la démocratie turque". Pour autant que je critique Blair et parfois même les Britanniques (mais Nesweek nous le rend bien), je dois admettre que cette constatation de manque de "fair-play" m'a fait sourire. Et en même temps! Est-ce que ça ne montre pas que la loi du plus fort règne dans les tribunaux aussi en Turquie?

Le plus grave, c'est que je ne suis pas sûre qu'un citoyen lambda qui aurait tenu ces propos véridiques dit insultants, ou même un journaliste aie bénéficié d'une telle mobilisation européenne: Ohran Pamuk est un écrivain célèbre, qui a remporté de nombreux prix, dont le prix Nobel de littérature, et El Pais lui dédie d'ailleurs son éditorial aujourd'hui, intitulé "Pamuk, el gran truco" vibrant hommage à l'écrivain. Le quotidien espagnol a d'autres articles sur lui, dans la marge desquels le lien publicitaire est "où acheter ses bouquins"... Dommage Ankara, on ne fait pas taire un écrivain traduit en une trentaine de langues et maintes fois reconnu si facilement!

Il reste une chance que le procès soit ajourné, il est pour l'heure reporté au 7 février... Allons allons la Turquie, il est temps de dépasser les belles promesses et de devenir vraiment démocratique surtout qu'au fond, il faudra bien admettre ce que vous avez fait. Les mea culpa nationaux c'est un peu la règle au sein des pays membres...c'est donc l'heure de montrer que tu veux vraiment en faire partie. Sans quoi je resterai d'autant plus convaincue que ta possible entrée est une erreur, cheval de Troie de l'intolérance dans une cité européenne pluri-nationale fragile! ...et je ne pense pas être la seule à le croire...

Thursday, December 15, 2005

conjoncture: presse papier froissée

J'ai lu un article dans Libé qui s'interroge et m'intéresse, sur l'avenir de la presse écrite papier, après l'annonce mardi de la suppression de 105 emplois dans la société Times et celle du Los Angeles Times de ne plus publier son édition nationale.
Le journaliste s'entretient avec un spécialiste américain de la presse, Steve Outing. Ils abordent notamment le rôle d'internet dans la diffusion de l'information qui détrône et remplace au fur et à mesure, l'imprimé. Fin de semestre oblige, mes cours me reviennent en mémoire rapidement: sous les Lumières la création de "l'espace publique" à l'échelle du pays n'a pu se faire que grâce à la diffusion rapide des textes (pour l'époque) et moins coûteuse (que les copistes), et le journalisme naissant, surtout dès 1788, censure restreinte c'est "l'année pour réfléchir au contenu des cahiers de doléance", le journalisme naissant doit aussi et surtout son succès à l'imprimé. Le journalisme au début, c'est donc avant tout une affaire de presse papier.

Quand la radio est arrivée, haro sur le baudet, on criait et écrivait partout que la radio allait signer la mort de la presse écrite, grâce notamment à sa possibilité d'information en temps réelle. Même topo quand c'est la télévison qui s'est répandue dans les foyers. Mais la presse écrite n' est toujours pas morte et depuis c'est passé, accepté, intégré au paysage médiatique ! Mode successifs de consommation de l'information? Peut être. Peut être parce que cette fois, la presse écrite payante souffre dangeureusement et ce, partout dans le monde.

Dans l'entrevue, M.Outing est catégorique: 1)les jeunes veulent des services gratuits.2) Les journaux doivent livrer au moins une partie de leur site car les jeunes iront trouver l'information ailleurs, une solution de replis pas toujours fiable. Bon, "je suis jeune, je sais , mais" aux gens bien levés l'info n'attend pas le nombre des contraintes papier...
Oui j'apprécie de faire un tour dans les principaux journaux internationaux, vite en quelques cliques et j'accepte pour cela de subir la publicité. Oui je trouve ça pratique et sympa de boire son café en même temps de découvrir les nouvelles. Oui j'apprécie de me dire que je lis "écologique", (dommage pour les bûcherons) parce qu'après tout je suis à Montréal et, grande conférence oblige, je pense aussi à la planète.
Pourtant je suis un peu déchirée. Le journal, le papier, c'est une chaîne d'emplois. Le journal, l'objet, c'est class'. Et puis quel jeune journaliste n'a jamais rêvé de voir son nom en bas de colonnes dans un prestigieux mastodonte froissable? Est-ce que c'est juste un changement auquel la presse sera faire face et preuve d'adaptabilité? "Il faut suivre les lecteurs en ligne" selon le spécialiste américain. La BBC a d'ores et déjà ouvert sa tribune, LeMonde permet le commentaire de ses articles à ses abonnés (il faut des avantages à payer pour s'inscrire), etc .
Est-ce que la presse peut s'affoler tout de suite? Est -ce qu'elle va pouvoir se réformer?

Le spécialiste avoisine la quarantaine, moi la vingtaine, et côté pratique et financier, c'est sûre et certain, je préfère les journaux en ligne. Mais le support papier garde son charme...allons donc quoi, c'est l'agonie de l'encre?

Friday, December 09, 2005

"J'vais te refaire le portrait" (à la française of course)

La polémique sur la transplantation faciale réalisée en France ce 27 novembre, polémique "stérile"selon le Point de cette semaine, a fait son chemin...jusqu'en Chine. J'ai d'abord trouvé un article sur l'intérêt de la Chine dans Al Jazira(*) Selon l'article, les spécialistes chinois préparaient une telle opération depuis 2003 et il leur reste aujourd'hui à choisir parmi 5 ou 6 candidats celui qui recevra "la deuxième transplantation faciale au monde".
C'est en effet la Chine en deuz' qui devrait se lancer dans ce domaine très particuliers de la chirurgie selon le Shangaï Daily, "China may do world's second face transplant". Dans cet article, petite précision par rapport à l'article d'Al Jazira, les résultats de cette "course à la greffe" seraient pour septembre, et le tarif onéreux aussi: le gagnant sera une personne défigurée et riche, avec un moral solide. On apprend aussi qu'ils ne seraient plus que 4, sélectionnés sur une cinquantaine de patients: "The final list of four was narrowed down from 50 to 60 patients with burns or congenital deformations who applied for the surgery." (ahah "final list" (ça donne confiance). Le Professeur chargé du "dossier", M.Hong estime que "les grands brûlés vivent avec des douleurs physiques et mentales terribles. Il n'y a aucun moyen pour eux de retrouver un usage normal avec la chirurgie plastique traditionnelle-une greffe faciale est la meilleure solution".
Et en Chine la polémique "étique"? Il semblerait y avoir matière à discuter en tous cas: "trouver un donneur en Chine est assez problématique, parce que les lois requièrent que le coeur du patient soit arrêté avant que les organes ne soient prélevés"...explique le Professeur, qui stipule quelques lignes après que "une transplantation faciale ressemble à une tranplantation d'organe et en même temps pas vraiment". Enfin de toute façon, il ne devrait pas s'en faire ni se justifier "oui mais pas vraiment": la Chine aura toujours des prisonniers volontaires désignés et puis si on dit que "dura lex, sed lex" il faut se souvenir du témoignage d'un chirurgien d'une prison, "le coeur battait encore" quand il a fait sa sale besogne...

Ce qui m'a fait sourire c'est le titre du Tocqueville connection, "China hospital ready to perform French-style transplant"(*)...ben voyons première et unique mondiale (connue) jusqu'à ce jour, et paf! une mode "à la française" est née! Et quelle mode! Et quel fan! Voilà de quoi faire rugir les opposants à cette opération . Pour ma part je trouve ça géniale que quelqu'un puisse "revivre", puisse espérer retrouver une vie "comme tout le monde", un statut, une reconnaissance, exister à nouveau...L'apparence compte tellement aujourd'hui!

Ethiquement? Allons donc !?! Est-ce mieux de laisser mourir socialement quelqu'un alors que quelqu'un cérébralement mort peut lui "fournir"une nouvelle vie? Je ne crois pas. Un visage "2 en 1" pour un seul cerveau, un seul individu qui sait qu'il prend une part de l'identité physique d'un feu autre individu ça doit être complexe à gérer. C'est pour cela selon moi qu'il ne faut pas en rajouter sur la conscience du greffé qui a le droit de vivre et d'être sauvé comme tout autre greffé. Finalement il faut bien convenir que la différence avec la transplantation d'un coeur c'est qu'il ne se voit pas, mais le donneur est mort pareil. Pas défiguré? ahah mais pour le temps de la décompo tout au plus, alors bon...

(*) je ne sais pas d'où vient la faute mais ils datent tous deux la transplantation en France du 27 oct, or c'est 27 nov. Les deux articles sont tirés d'une dépêche AFP.

Tuesday, December 06, 2005

.eu ? c'est l'UE, point.

C'est annoncé, c'est officiel, c'est quelque part dans LeMonde, le .eu c'est pour aujourd'hui (Paris), et pour demain (Montréal). Bref c'est pour ce mercedi 7 décembre que l'appelation de domaine européenne est lancée, "à 11h heure de Paris".
J'ai trouvé l'idée sympathique, je me suis d'abord dit "pas mal, un pas de plus ensemble chère Europe"... Mais (parce que comme d'habitude, il y a un "mais" dans cette histoire), je me suis posé deux ou trois questions:
  • .eu pour Europe et non pas .ue pour l'Union Européenne, d'accord, c'est plus tolérant,c'est une bonne chose: comme c'est moins communautaire, ça laisse "toute" l'Europe comme potentiel d'intéressés par ce nom de domaine. Mais j'ai lu l'article, lu et relu, et j'ai seulement vu que ce sont des organes dérivées de l'UE qui s'occupent de ce projet, d'un bout à l'autre... même si "La Commission européenne a pris la précaution de bloquer 1 400 noms, à la demande des Etats membres de l'Union. La France en a ainsi réservé 124, dont les mots "France", "République française" ou les noms de région. Les pays candidats à l'entrée dans l'Union (Roumanie, Bulgarie, etc.) ont pu bénéficier du même traitement de faveur. En cas de litige, c'est la Czech Arbitration Court, en République tchèque, qui recevra les plaintes. Donc on intègre même les nouveaux et futurs Etats membres, formidable, mais je me demande: les pays non-membres peuvent-ils souscrire à ce .eu? Quelle Europe doit-on voir, espèrer, comprendre dans ce .ue?
  • "Bruxelles s'attend à une "véritable ruée", selon l'expression de Viviane Reding, la commissaire européenne à la société de l'information et aux médias."" peut on lire dans Le Monde, juste avant de découvrir les chiffres dans le tableau, les édifiants 44 millions de .com américain, loin devant le deuxième, .de allemand avec 9 millions... ""Il s'agit de rééquilibrer la planète Internet", confirme Pierre Berecz, cofondateur d'Indom et directeur de la publication du site www.domainesinfo.fr" Sans vouloir être europessimiste, (pas question!), je crois qu'il faut être lucide: même si l'on supprimait tous les .de, .fr, .it, .uk, etc. et qu'on les fesaient fusionner sous le même .eu, eh bien quoi? rien, on reste très loin de la domination du .com. Mais ce .com, faut-il agir contre, avec ou parallèlement? Que va donc apporter un .eu à l'Europe, un petit pas commun bien sûr, apolitique surtout et sans engagement dans les domaines majeurs de souveraineté, d'économie, etc.
Je veux bien y croire encore, je veux bien jouer le jeu, mais qu'on ne nous leurre pas, non à la constitution, oui au nom de domaine, qu'est ce que ça veut dire? A bas les mascarades, les faux semblants, les superficialités fatiguées. Allo Bruxelles, rien trouvé de mieux comme cadeau de Noël?



ps: Pour ceux qui sont intéressés par ce nom de domaine voici le calendrier et les prix de réservation:
  • du 07/12/05 au 06/02/06, instances publiques et détenteurs d'une marque déposée, 55€
  • du 07/02/06 au 06/04/06, ayants droit (artistes, sociétés, lieux pouvant faire valoir leur antériorité sur un nom), 95€
  • dès le 07/04/06, le domaine ".eu" sera ouvert à tous, particuliers compris pour 10€

Sunday, December 04, 2005

Les bonnes résolutions de "Jalouse"

On peut lire dans les différents articles sur le sujet, tirés du NouvelObs, de Libé, (avec un titre encore génial) ou de la dépêche AFP qu'il s'agit "d' une première dans l'histoire de la presse magazine féminine en France". Une première, quoi donc?

Jalouse "fait sensation"
Le magazine Jalouse propose comme "cadeau" pour 1€ de plus un vibromasseur : Jalouse innove (choque ou répond aux attentes?) avec ce sex toy, vendu en kiosque sous film opaque, avec la mention "interdit au moins de 18ans". Le bimestriel qui s'intitule pour déc2005/janv2006 "Good vibrations 2006" annonce "PS (1) : certains JALOUSE (vendus sous blister interdit aux moins de 18 ans) sont accompagnés d’un objet peu avare de good vibrations… Impertinent, provocateur et avant-gardiste, JALOUSE a glissé un sex toy en cadeau pour ses lectrices."

La presse plutôt pas contre...
Et tandis que Santé magazine s'insurge que ce "genre d'objet" n'a rien à faire dans un magazine de mode, (et si ça devenait une mode?) tous les articles ci-dessus via l'AFP reprennent les propos de Pascale Marie, directrice du Syndicat de la Presse Magazine et d'Information (SPMI), "le vibromasseur est aujourd'hui un objet de consommation courante". "Le statut de cet objet a considérablement changé. Il est en vente libre et apparaît sans complexe dans des publicités".
De même l'Union nationale des Diffuseurs de presse (UNDP) rappelle que "le contenu des magazines relève de la liberté de la presse". Seule obligation imposée par l'UNDP, le blister opaque et l'inscription "interdit aux -de 18 ans".

Les Français "s'encanaillent"?
Ca m'a pas mal fait sourire, je crois qu'il y a là un "sacré" signe de l'évolution des moeurs! Pour ou contre? Dépravation ou tout libéralisation? On dirait bien qu'aujourd'hui les femmes assument et s'affirment... (je dis "femmes", parce que Jalouse c'est d'abord et avant tout un féminin, mais soyons ouverts). Pour ma part je ne suis pas choquée, mais je vois d'ici les esprits réfractaires et les poseurs d'étiquettes "stop au porno" du métro parisien entrain de fustiger à coup de "où va-t-on"? Où va-t-on? hmmm... Bonne question, évolution générale ou tentative de coup d'éclat d'un magazine? Si on s'en fie à ce qu'en disent différents sites dont Doctissimo (conseillé par le NouvelObs), il semblerait que les Français changent mais ne feraient rejoindre leurs voisins européens: "La France pourrait bien rattraper l’Islande, la Suède ou le Royaume-Uni fervents utilisateurs de sex-toys. Dans ces pays environ une personne sur deux possède un "electric boyfriend"."
De toute façon, il y a des Jalouse avec et des Jalouse sans, c'est dissimulé sous l'opacité du plastique, donc même si c'est vendu en kiosque, rien n'est exposé aux enfants qui pourraient être les premiers choqués (encore que quand on ignore ce que c'est..., il semble que certains adultes soient plus indignés que les enfants). Qui plus est je doute fort que Jalouse ("pour jeunes femmes libres") soit habituellement placé à côté de Mickey magazine!
Je ne sais pas s'il y en aura dans les Points presse internationale de Montréal, mais je me demande bien comment on réagirait face à "l'appel vibrant" de Jalouse...

Saturday, December 03, 2005

J'en parlerai quand même! [les journaux officiels chinois pas toujours très bavards!]

Forbidden

You don't have permission to access/french/on this server

(dixit "Le Quotidien du peuple, le plus lu et le plus autorisé en Chine")


Tout ça parce que je voulais voir si en Chine on réagissait à l'annonce du vice Ministre de la Santé qui expliquait que le gouvernement "préparait un projet de loi destiné à réguler le don d'organes, qu'il a lui-même qualifié de «zone grise»." lors d'une conférence internationale à Manille.
L'article qui parlait de cette déclaration et qui a attiré mon attention était dans Libération "Peine de mort sur ordonnance en Chine" et lce que j'y ai lu est vraiment édifiant! Je suis donc partie chercher des infos dans les journaux chinois sur cette affaire. -nothing, nada, que dalle, rien de chez rien- Ah!? si, au sujet de peine de mort, repris dans de nombreux articles: les Américains ont passé la barre du millième condamné à mort. Que dites vous les Chinois? Les Américains sont des "petits joueurs?" C'est sûr qu'avec "au moins 3 400 exécutions l'an dernier selon Amnesty, le chiffre précis n'étant jamais connu." vous êtes "champions du monde...Triste record! Sombre performance!
Mais la nouvelle macabre n'en finit pas- ben non, pourquoi? ce serait dommage- le magasine économique, Caijing cité par le correspondant de Libé en Chine est clair question chiffre: "only five percent of the current supply of human organs come from living donors.", les 95% restants, les "donneurs" sont les criminels excécutés. On explique dans Libé qu'un véritable trafic s'est mis en place, lisez plutôt: "Un vrai marché s'est organisé, dans lequel un hôpital prend contact avec la police lorsqu'il a besoin d'un organe, et la transaction s'effectue avec un tribunal pour pouvoir récupérer les organes d'un exécuté."
Le problème pour la Chine, qui fait concurrence aux Etats-Unis pour les dons d'organes, c'est que ses pratiques ne sont pas reconnues, parce que la torture aiderait les condamnés à donner. L'article de Libé est d'ailleurs très "vivant": "en 2001, un ex-médecin militaire chinois avait témoigné devant le Congrès américain qu'il avait participé à deux reprises à des prélèvements de rein sur des exécutés qui respiraient encore."
Pékin a un autre intérêt à "clarifier ces pratiques de dons-volontaires-forcés: "En «nettoyant» les aspects les plus indéfendables de l'application de la peine capitale, Pékin espère banaliser le recours à la peine de mort elle-même, qui jouit d'un large soutien dans l'opinion publique"
Cela dit Caijing souligne que Luc Noel, un représentant de l'O.N.G WHO (World Health Organization) a dit que "l'engagement sans équivoque" de la Chine constituait un signe d'espoir (pour légiférer le don d'organe)
Il n'y a pas qu'en Chine que l'on a recours à des pratiques aussi scandaleuses, mais tous les Etats-meurtriers n'ont pas son poids démographique ni son influence économique. Et puis quoi?! LES JOURNALISTES FAVORABLES À LA LIBERTÉ SONT DES "DONNEURS" AUSSI? Il semble bien, si l'on regarde la facilité d'accès générale aux sujets "épineux".

Friday, December 02, 2005

No more France! (L'Afrique préfère-t-elle le Canada?)

Les Camerounais n'aiment plus la France! Ils aiment le Canada! Rien de surprenant si on se fie à un article récent du cyber journal CAMEROON-INFO.NET...

Dialogue administratif difficile
L'article revient sur l'extrême difficulté pour obtenir un visa "même pour les riches", il traduit toute l'indignation et l'incompréhension de ceux à qui la France ferme ses frontières, et "c’est ainsi que nombre d’entre eux, notamment les plus fortunés, choisissent de plus en plus, pour leur voyage à l’étranger, que ce soit pour les raisons d’affaires, de tourisme ou de santé, des destinations non européennes." , cette difficulté pour les papiers se rencontreraient même pour les visas de transit. Quelques discussions avec un journaliste d'origine africaine, avec un étudiant nigérian qui est revenu de Paris écœuré par le "flicage excessif et répété" envers lui, et s'est décidé pour Montréal...
Même pour les journalistes africains ça semble difficile d'obtenir le visa pour la France, alors que le Canada est bien plus accueillant." Là où les Canadiens par exemple qui manifestent des égards à l’endroit de ces faiseurs d’opinions accordent systématiquement un visa de six mois au journaliste qui entre chez eux pour la première fois, dès qu’il apporte la preuve de retour après une sortie du territoire camerounais, les services français les ont systématiquement envoyés promener. Surtout s’ils ne sont pas parrainés par une institution gouvernementale ou invités par les officiels français."


Le tri, recyclage de réputations?
En début d'année scolaire, le Monde dressait un bilan des flux d'étudiants étrangers, un bilan qualitatif et quantitatif. Cet article notait une augmentation générale de ces flux, mais précisait que si l'on constatait un véritable "brandrain" vers les Etats-Unis, il en était tout autre pour la France, l'article du Monde du 1 oct, est très clair: "
Attirer les élites des pays émergents et concurrents devient ainsi un enjeu majeur. La France a réussi, ces dernières années, à maintenir sa place sur un plan quantitatif, grâce à une politique d'immigration plus souple. Mais les experts critiquent le recrutement d'un grand nombre d'étudiants faiblement qualifiés.Pour diversifier le profil des étudiants ­ en clair, attirer moins d'Africains (54 % du total en France) et plus d'Asiatiques ou d'Américains (...)"

Les violences dans les banlieues, pour cameroon-info.net , et même pour Al-Jazira, c'est une suite logique de l'incompréhension de la France et de sa supériorité exprimée. Comme le soulignait le journaliste que j'interviewais, "la France ne traite pas d'égal à égal avec l'Afrique comme elle le fait avec les Etats-Unis", et alors comment aider l'Afrique à se développer quand on conserve ce sentiment déplacé de valoir plus?
Je ne sais pas si le Canada est moins raciste, je ne sais pas je suis blanche, je ne sais pas ce que c'est "CE racisme contre soi". Mais ce que je devine sans problème c'est que le maintien de la loi de février 2005 qui souligne "le rôle positif de la colonisation" et les dernières mesures en immigration ne vont rien faciliter. Bien sûr chaque pays doit légiférer les entrées sur son territoire, mais je doute que M.Sarkosy propose des solutions adéquates...Le Canada a ses problèmes mais il semble avoir des règles efficaces, (pas d'antécedants colonisateurs aussi c'est vrai). Et une population peut être plus tolérante aussi... Pourtant je crois bien que la France peut sans nul doute être une terre d'accueil en harmonie avec ceux qui viennent, passent, étudient, vivent...

Thursday, December 01, 2005

Soldats américains cherchent (et trouvent) journaux irakiens pour publication (moyennant finance)

A plusieurs reprises, des soldats américains auraient joué les journalistes pour diffuser dans des quotidiens irakiens des nouvelles parfois arrangées et toujours arrangeantes! c'est en tous cas ce que l'on apprend aujourd'hui mercredi sur le site du Los Angeles Times. L'article est long, long et explicite, des officiers pas tellement d'accord avec ses pratiques soulèvent là un pan de propagande bien embarrassant...

"Dans la presse irakienne les articles sont souvent présentés comme des bulletins de nouvelles neutres, écrits par des journalistes indépendants. Les histoires soulignent le travail des Etats-Unis et des troupes irakiennes, dénoncent les insurgés et insistent lourdement sur les efforts menés par les E-U pour reconstruire le pays" Derrière cette manipulation il y a évidemment le Pentagone: celui-ci a passé un contrat -selon l'article du LA Times- avec une petite compagnie basée à Washington, The Lincoln Group's, qui participe à la traduction (en arabe) et place les articles. Toute cette propagande militaire se fait parallèlement au discours des officiels américains qui -ne l'oublions pas- justifient depuis toujours ce bourbier où ils s'enfoncent en brandissant des principes démocratiques, en prônant la transparence politique et la liberté d'expression!!!

Enfin attention, pourquoi se contenter de leur filer des infos américanisées? Parfaitement , les Américains ont entrepris, les bons samaritains, de former des journalistes sur place, pour le long terme. Oui, c'est vrai qu'est ce qu'une démocratie sans possiblité d'espace public, même minimal? "De plus en plus, le Département d'Etat forme des reporters irakiens et leur enseigne techniques de bases en journalisme et étique journalistique occidentale. L'un des modules est d'ailleurs appelé "Le rôle de la Presse dans une société démocratique". Mais les standards varient énormément d'un journal à l'autre, et la plupart dispose de peu de moyens financiers." nous dit l'article du LA Times. Et plus loin, de rapporter les propos du Secrétaire d'Etat à la défense M Rumsfeld: The hundreds of newspapers, television stations and other "free media" offer a "relief valve" for the Iraqi public to debate the issues of their burgeoning democracy. (c'est marrant, mais ds la bouche de ce mec, je suis d'un sceptissisme fou)

Quant aux éditeurs des journaux irakiens, l'article du LAT indiquent qu'ils étaient partagés entre l'étonnement et le mépris lorsqu'ils apprirent qu'ils étaient la cible d'une manipulation de l'armée américaine. Cela dit on apprend aussi les manigances entre le Pentagone et l'un des principaux quotidien d'Irak...puis toutes les magouilles financières (mais là, rien d'exceptionnel, que du scandaleux, comme d'hab).

Bon, bon, bon, mais c'est génial tout ça! Non c'est vrai, comme quoi certains [Américains et Irakiens] ne tirent pas toujours dessus, une coopération peut être envisagée (et quelle coopération)...
Mais ce que je trouve le plus dommage dans ce genre d'affaire, et autant que je puisse pester contre M.Bush et ces fans (parce que je suis convaincue qu'il faut être fanatiques [fans à tics] pour le soutenir), c'est que du coup, tous les Américains sont salis, et c'est loin d'être juste...Mais aussi les Irakiens. Bref c'est pas facile "l'image", et c'est source de bien des enjeux et donc de manigances, définitivement.


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